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	<title>Paule Milamant</title>
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	<description>Artiste peintre &amp; &#201;crivain</description>
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		<title>Chasselas et ses carri&#232;res</title>
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		<dc:date>2012-01-13T22:15:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Vermylen-Milamant</dc:creator>


		<dc:subject>carri&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce village au nom de raisin, la l&#233;gende et l'histoire sont de pierre et de vin... Michel Bouillot. &lt;br class='autobr' /&gt; Chasselas, village de vignes, de rocs et de carri&#232;res tiendrait-il son nom de la racine pr&#233;latine &#171; kass &#187;rocher , ou de la racine pr&#233; indo-europ&#233;enne &#171; kar &#187; pierre, comme d'aucuns le pr&#233;tendent ? Je garderai ces propositions qui conviennent au choix que je fais aujourd'hui de vous entretenir des carri&#232;res &#224; Chasselas. &lt;br class='autobr' /&gt; Quand fut ouverte la premi&#232;re carri&#232;re ? Sans doute quand (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://milamant.be/-Chasselas-" rel="directory"&gt;Chasselas&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce village au nom de raisin, la l&#233;gende et l'histoire sont de pierre et de vin... Michel Bouillot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://milamant.be/local/cache-vignettes/L400xH254/carrieres_site-c187a.jpg?1723905321' width='400' height='254' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chasselas, village de vignes, de rocs et de carri&#232;res tiendrait-il son nom de la racine pr&#233;latine &#171; kass &#187;rocher , ou de la racine pr&#233; indo-europ&#233;enne &#171; kar &#187; pierre, comme d'aucuns le pr&#233;tendent ? Je garderai ces propositions qui conviennent au choix que je fais aujourd'hui de vous entretenir des carri&#232;res &#224; Chasselas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand fut ouverte la premi&#232;re carri&#232;re ? Sans doute quand on construisit les premi&#232;res maisons en pierres, quand s'install&#232;rent les premiers colons romains dans la r&#233;gion. Columelle dans son trait&#233; sur l'agriculture (1er si&#232;cle apr&#232;s JC), conseille en effet &#224; ces derniers de choisir un lieu poss&#233;dant (entre autres caract&#233;ristiques) : des collines bien orient&#233;es pour la culture de la vigne, des collines bois&#233;es , des pierres etc....&lt;br class='autobr' /&gt;
Chasselas comme les villages environnants poss&#233;dait tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les pierres de Chasselas issues de son flanc ouest (Grande Bruy&#232;re, Roche Noire) ont la propri&#233;t&#233; des roches granitiques plus dures, moins friables que celles calcaires de son versant Est (la Roche, le mont de Pouilly).&lt;br class='autobr' /&gt; Les pierres &#233;taient d'abord destin&#233;es &#224; un usage local : murs, murets, maisons, pavages des &#233;tables, des entr&#233;es de cour, empierrement des chemins. Si, et seulement si elles &#233;taient de bonne qualit&#233; elles &#233;taient transport&#233;es et vendues plu loin. Le co&#251;t et les difficult&#233;s du transport devaient justifier ce choix. Avant que ne soit ouverte &#171; la route neuve &#187; en 1909, il fallait doubler l'attelage pour gravir la c&#244;te des Perriers*.&lt;br class='autobr' /&gt; Si l'extraction des pierres est soumise &#224; la loi le fruit des carri&#232;res appartient au propri&#233;taire du terrain. Il faudrait donc avoir acc&#232;s &#224; des archives priv&#233;es d'entreprises , de propri&#233;taires fonciers pour conna&#238;tre le volume et la destination des pierres extraites dans les carri&#232;res priv&#233;es. Le registre des entrepreneurs de la fin du XIXe si&#232;cle est muet sur la pr&#233;sence de l'un d'entre eux &#224; Chasselas.&lt;br class='autobr' /&gt; L'extrait qui suit nous prouve simplement l'existence de la carri&#232;re de la Roche au XVIIIe si&#232;cle &#224; Chasselas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les environs de m&#226;con, anciennes seigneuries et anciens ch&#226;teaux &#8211; F Perraud 1912)&lt;br class='autobr' /&gt;
... en 1774 Etienne Cellard d'Estours acqu&#233;rait le ch&#226;teau de Chasselas et en 1780 tous les arr&#233;rages de cens, servis et loads qui avaient &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;s lors de la vente. Il traitait alors avec les habitants du lieu au sujet de la carri&#232;re situ&#233;e au lieu-dit &#171; la Roche &#187; pour la possession de laquelle ils &#233;taient en proc&#232;s. La communaut&#233; des habitants lui en faisait abandon en &#233;change de 400 livres et la facult&#233; d'y tirer de la pierre pour eux et les leurs, &#224; perp&#233;tuit&#233; mais dans les endroits qu'il indiquerait.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette anecdote peut vous donner une id&#233;e de la valeur des pierres taill&#233;es de nos carri&#232;res :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;saventure est arriv&#233;e &#224; mon p&#232;re et se situe aux environs de 1950. Il &#233;tait forgeron, taillandier plus exactement et avait &#224; ce titre travaill&#233; dans les carri&#232;res de Chasselas, dans sa jeunesse.. Il connaissait donc le travail des carriers . Afin d'occuper les longues journ&#233;es de la mauvaise saison il pensa tailler dans la carri&#232;re de son beau-p&#232;re &#224; &#171; la Roche &#187; des pierres pour son usage personnel d'abord, et, &#233;ventuellement s'il en avait de trop pour les vendre. Il n'eut pas ce plaisir. Un jour il constata que ces pierres avaient disparu. Il fit son enqu&#234;te, porta plainte. Bref, on retrouva sans peine le coupable, un ma&#231;on ind&#233;licat qui avait r&#233;pondu &#224; la demande de propri&#233;taires qui voulaient de jolis murets. Il avait alors &#171; trouv&#233; &#187; ces pierres pr&#234;tes &#224; l'emploi, taill&#233;es par mon p&#232;re. Il plaida la bonne foi &#171; je croyais que ces pierres &#233;taient &#224; tout le monde ! &#187; Les propri&#233;taires chez qui se trouvaient les murets ne voulaient pas d'ennuis, l'un proposa quelques dizaines de bouteilles de Juli&#233;nas qu'il venait juste de mettre en bouteille, l'autre proposa une indemnit&#233;. Je crois que mon p&#232;re aura &#233;t&#233; la derni&#232;re personne de Chasselas &#224; tailler des pierres du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un peu plus tard dans la d&#233;cennie, les tracteurs ont commenc&#233; &#224; remplacer les chevaux dans les travaux de la vigne. Il fallait plus d'espace pour les man&#339;uvrer. Les murets qui bordaient les chemins et faisaient office de limite de propri&#233;t&#233; devenaient g&#234;nants. A cette m&#234;me &#233;poque pour pallier &#224; la crise aig&#252;e du logement, les maisons poussaient comme des champignons. Monter les murs avec de la pierre &#233;tait devenu trop on&#233;reux, alors on limitait son emploi aux fondations et soubassements. Il ne fut pas difficile aux entrepreneurs d'emporter l'adh&#233;sion des vignerons en leur offrant de les d&#233;barrasser des pierres de leurs murets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces pierres provenaient &#224; n'en pas douter des carri&#232;res priv&#233;es ou communales. Mais leur extraction tout comme leur destination n'aura laiss&#233; de traces que dans la m&#233;moire des habitants. Une m&#233;moire depuis longtemps &#233;vapor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les archives communales, les archives de la Bnf ou de Wikip&#233;dia mises &#224; la disposition des internautes m'ont permis de dresser cet aper&#231;u de l'histoire de nos carri&#232;res que je diviserai en trois p&#233;riodes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De 1856 &#224; 1900&lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi on apprend qu'en 1856, une d&#233;cision du conseil municipal autorise les entrepreneurs du pavage des rues de Lyon &#224; faire des fouilles en Roche Noire pour trouver du gr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ouvre ici une parenth&#232;se pour pr&#233;ciser qu'&#224; cette &#233;poque le maire de Lyon, Claude Marius Va&#239;sse, s'inspirant des travaux du baron Hausmann &#224; Paris avait d&#233;cid&#233; la perc&#233;e de trois nouvelles art&#232;res dans sa ville, dont celle de la rue Imp&#233;riale qui va de la place Bellecour &#224; la place Louis Pradel (H&#244;tel de Ville, Op&#233;ra), rue qui deviendra la rue de Lyon (1871-1878), puis l'actuelle rue de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat des recherches fut sans doute positif puisqu'on trouve en 1860 une autorisation pour les carriers &#224; faire des pav&#233;s sur le communal de Roche Noire sans cautionnement, le prix &#233;tant fix&#233; 5 francs le mille (livraison chez le percepteur de Leynes). Voil&#224; qui justifie la m&#233;moire du village quand elle pr&#233;tend que la rue de la R&#233;publique, la mont&#233;e de Champagne ont &#233;t&#233; pav&#233;es avec des pierres de Chasselas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1881 il est pr&#233;cis&#233; que les pav&#233;s sont pay&#233;s au percepteur de Leynes fin mars et fin septembre. Le maire peut contr&#244;ler le carnet des exploitants chaque mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faute d'&#233;l&#233;ments &#224; ce jour je ne peux pas quantifier le volume, non plus la valeur de ce commerce pour le village. Il est ind&#233;niable par contre qu'il a apport&#233; de l'aisance au village si l'on en juge par les d&#233;cisions du conseil communal prises durant cette fin de si&#232;cle : cr&#233;ation d'une &#233;cole en faisant appel &#224; l'architecte Dulac, du cimeti&#232;re de Cornillaux, am&#233;lioration des chemins communaux , construction du pont des rochettes, &#233;largissement du chemin n&#176; 9 avec indemnisation des riverains, r&#233;fection du lavoir de la place (avec pavage en pierres de Chaintr&#233;), ouverture de la route vers Fuiss&#233; en direction de M&#226;con. Et aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En 1866 la commune demande, vu l'aisance des habitants, la cr&#233;ation d'un bureau de tabac. Deux autres personnes demandent l'autorisation d'ouvrir un d&#233;bit de boissons .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - En 1892, Chasselas apporte son appui &#224; la commune de Cr&#232;ches pour la r&#233;fection de la route et du pont de Cr&#232;ches qui sont fort affect&#233;s par le transport des pav&#233;s. Des pierres &#233;taient &#233;galement livr&#233;es &#224; la gare de Pontanevaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De 1900 &#224; 1928&lt;br class='autobr' /&gt; Pour la p&#233;riode qui s'&#233;tend de 1900 &#224; 1912, on peut relever sur les comptes de la gestion de la commune les recettes relatives aux carri&#232;res. On peut &#233;tablir qu'en 1900 elles repr&#233;sentent 12,14 % des recettes totales, et qu'en 1912 elles tombent &#224; 6,50 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1907 le Sieur Desflaches demande une diminution du prix des pav&#233;s en raison de la mauvaise qualit&#233; de ceux-ci . Il lui est accord&#233; 2 f de r&#233;duction (6 ald 8 le 1000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1909 suite &#224; un projet de liaison Beaujeu-M&#226;con en chemin de fer il est demand&#233; aux communes concern&#233;es de quantifier le tonnage de leurs exportations et importations.&lt;br class='manualbr' /&gt;Voici les chiffres fournis par Chasselas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; destination de M&#226;con, vins 250 t ; pav&#233;s 100 t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; destination de Paris, vins 500 t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; destination de Lyon, pav&#233;s 200 t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1921 le tarif des pierres enlev&#233;es est relev&#233; de 0,25 &#224; 0,50 le m3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1925, un bail d'exploitation des parcelles 404/392 (Grande Bruy&#232;re) est &#233;tabli avec l'entrepreneur Brun de Leynes, la d&#233;dite de ce m&#234;me bail sera accept&#233;e par le conseil en 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De 1932 &#224; nos jours&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1932, la commune donne &#224; bail &#224; Monsieur Rocikoff, entrepreneur de travaux publics demeurant &#224; Ch&#226;nes, les parcelles 733/734 de pierres et silex blancs. En 1936 Rocikoff n'a toujours pas ouvert de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1938 MM Gaguin et Desgouttes (bail Rocikoff) offrent de payer &#224; forfait le bail de la Roche Noire. La commune accepte que le preneur paie un forfait de 1300 f par an plus la fourniture gratuite de 25 m3 de pierres. Quelques chasseloutis se souviennent du char &#224; b&#339;ufs de Gaguin et du camion au gaz de Desgouttes transportant les pierres des carri&#232;res durant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 15 mars 1946, le conseil laisse toute latitude au maire pour r&#233;gler le diff&#233;rend Desgouttes et fixe &#224; 3 000 f les sommes dues avec une transaction minimum de 2000 f.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975, la commune accordait &#224; Pinsard le droit de pr&#233;lever de la pierre au mont de Pouilly &#224; raison de 10 f le camion. On constate que la commune est souvent sollicit&#233;e pour la fourniture de pierres. En 1976 Lefebvre de Longvic pr&#233;l&#232;ve 80 000 m3 de pierres &#224; raison de 10 f le camion de 10 m3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voil&#224; pour les faits relev&#233;s dans les archives communales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est dans la comptabilit&#233; des entreprises (dont aucune n'avait son si&#232;ge &#224; Chasselas), que l'on pourrait retrouver des traces du commerce des carri&#232;res priv&#233;es. Elles appartenaient pour la plupart &#224; de riches propri&#233;taires fonciers, Lyonnais le plus souvent. Pour ces derniers, au d&#233;but du XXe si&#232;cle, l'auberge du village r&#233;servait une salle &#224; manger &#224; l'&#233;tage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien d'ouvriers travaillaient aux carri&#232;res ? Je n'ai pas de r&#233;ponse, je peux seulement dire qu'&#224; l'auberge tenue par mes grands-parents une quarantaine d'ouvriers carriers, &#233;taient pensionnaires attitr&#233;s. Certains d'entre eux logeaient dans une annexe de l'auberge, d'autres dans des baraques construites pour les abriter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant l'hiver des vignerons travaillaient aux carri&#232;res se faisant ainsi un compl&#233;ment de revenus. Ceux qui avaient une paire de b&#339;ufs assuraient le charroi des pav&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le salaire horaire d'un ouvrier &#233;quivalait &#224; un litre de vin. Vin que le patron tenait &#224; sa disposition...&lt;br class='autobr' /&gt;
Guy Favier rapporte ce t&#233;moignage d'un vieux voisin, P&#233;trus, qui &#233;tant jeune taillait des pav&#233;s sur les hauts de la Grange du bois. Quand il en avait un tombereau, il allait les livrer au Port d'Arciat. Au retour il s'arr&#234;tait &#224; Leynes, r&#233;glait ses dettes : chez le boulanger, le boucher &#233;ventuellement le sabotier et le forgeron et avec ce qui lui restait s'offrait une bonne cuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On buvait ferme &#224; l'&#233;poque des carri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'auberge, mon grand-p&#232;re passait une feuillette de goutte par mois. Les jeux &#233;taient des paris stupides du genre : boire douze &#034;pernod&#034; sur les douze coups de midi, boire au m&#232;tre... Un carrier n'eut sans doute pas conscience qu'il illustrait l&#224; le fameux chant des bourguignons quand il paria de boire &#171; Les deux pieds contre la muraille, et le nez sous le robinet &#187;, ce qu'il fit jusqu'&#224; endormissement. On raconte qu'un ouvrier avait refus&#233; une augmentation sous pr&#233;texte qu'il ne pouvait pas boire davantage... Pour &#234;tre juste envers ces anciens on peut pr&#233;ciser que le vin de l'&#233;poque n'&#233;tait pas chaptalis&#233; et ne devait pas titrer beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pierre faisait doublement vendre le vin : elle en facilitait le transport vers les contr&#233;es &#233;loign&#233;es, et sur place, elle procurait aux ouvriers carriers, selon leurs pr&#233;dispositions et les degr&#233;s de l'ivresse : l'oubli de la fatigue , des douleurs. Le divin jus de la treille les connectait pour un temps trop court &#224; un monde plus l&#233;ger, plus gai, o&#249; ils se sentaient plus forts, chantaient, pariaient, jouaient, se bagarraient parfois, refaisaient le monde, un monde meilleur &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_91 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://milamant.be/local/cache-vignettes/L400xH365/maison_droite-site-b9579.jpg?1723905321' width='400' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;la perception &#224; Leynes au temps des carri&#232;res.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bureau de perception &#224; Leynes&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Paule Vermylen Milamant &lt;br class='autobr' /&gt;
22/12/11&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Bureau de perception &#224; Leynes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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