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	<title>Paule Milamant</title>
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	<description>Artiste peintre &amp; &#201;crivain</description>
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		<title>Une &#233;picerie de campagne</title>
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		<dc:date>2019-02-15T17:02:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Vermylen-Milamant</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;picerie de campagne au XXe si&#232;cle</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://milamant.be/IMG/jpg/epicerie_cafe.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;327&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans nos campagnes o&#249; on vivait quasiment en autarcie, longtemps, les artisans locaux : sabotiers, savetiers, couturi&#232;res, ling&#232;res ; les foires et march&#233;s ont suffi aux besoins de la population. Peu &#224; peu d'autres besoins ont cr&#233;&#233; d'autres habitudes. On n'attendait plus le passage du colporteur ou le jour de la foire pour acheter les v&#234;tements, le linge, la vaisselle, les pantoufles ou les sabots mais on s'attendait &#224; trouver tout cela dans une seule et m&#234;me boutique... l&#224; o&#249; on achetait son camembert et son caf&#233;...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://milamant.be/-Chasselas-" rel="directory"&gt;Chasselas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://milamant.be/+-epicerie-de-campagne-au-XXe-siecle-+" rel="tag"&gt;&#233;picerie de campagne au XXe si&#232;cle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Carambars... petits pois au lard...&lt;br class='autobr' /&gt;
friandises d&#233;vor&#233;es des yeux,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chang&#233;es contre une pi&#232;ce, gagn&#233;e, d&#233;rob&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#212; gourmandise ! Le plus v&#233;niel de nos p&#233;ch&#233;s ! Souvenirs &#244; combien r&#233;ducteurs d'un commerce qui portait en lui la gen&#232;se des actuelles grandes surfaces, cr&#233;&#233; par ma grand-m&#232;re fin des ann&#233;es 20 et ferm&#233; d&#233;finitivement par ma m&#232;re en 1972.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;picerie ! on ne trouve de trace &#233;crite de ce commerce &#224; Chasselas qu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle. D&#233;but XXe, il y en eut deux , peut-&#234;tre trois : une sur la place, l'autre aux Perriers et l'autre ? Quand mon grand-p&#232;re eut remis la boulangerie et l'h&#244;tel-restaurant qui allait avec, &#224; L&#233;on Robert, il s'installa en haut de la place. Il d&#233;sirait se consacrer &#224; ses vignes, son jardin, son bois. Pour occuper ma grand-m&#232;re qui n'&#233;tait pas plus vigneronne que jardini&#232;re, il ouvrit un caf&#233;. Le d&#233;clin des carri&#232;res s'annon&#231;ait, la crise atteignait les campagnes. En 1936, Chasselas ne comptait plus que 164 habitants contre plus du double un si&#232;cle auparavant. Quant aux carriers on les comptait sur les doigts d'une main alors que quelques dizaines d'ann&#233;es plus t&#244;t ils &#233;taient une bonne trentaine. Moins de clients, donc moins d'activit&#233; et ma grand-m&#232;re s'ennuyait ferme. Des voyageurs de commerce devenus des amis continuaient &#224; fr&#233;quenter son &#233;tablissement. Ils lui sugg&#233;r&#232;rent d'ouvrir une &#233;picerie. Ce qu'elle fit, sachant qu'il lui faudrait gagner de la client&#232;le sur l'&#233;picerie concurrente situ&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la place, tenue par les &#233;poux Delaye.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derniers b&#233;n&#233;ficiaient en effet d'un s&#233;rieux avantage, ils avaient le &#171; d&#233;p&#244;t de lait &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque famille avait deux, voire trois vaches dont le rapport assurait le quotidien du m&#233;nage avec les r&#233;coltes annexes de bl&#233;, pommes de terre, l&#233;gumes, etc... Chaque matin le laitier passait recueillir le lait que les femmes apportaient dans des grands bidons d'aluminium, (que l'on retrouve parfois, agr&#233;ment&#233;s de motifs peints, achevant leur carri&#232;re comme porte-parapluies !)&lt;br class='autobr' /&gt; La quantit&#233; de lait apport&#233;e &#233;tait inscrite sur un carnet et chaque mois le laitier r&#233;glait la note.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce syst&#232;me avait l'avantage pour l'&#233;picier de fid&#233;liser la client&#232;le et surtout en fin de mois d'apurer le cr&#233;dit du client. Le cr&#233;dit ! N&#233;cessit&#233;, tradition... b&#234;te noire du commer&#231;ant. De plus, cet &#233;picier poss&#233;dait une voiture, alors que ma grand-m&#232;re avait d&#251; renoncer &#224; son cheval, trop &#226;g&#233; pour tirer le cabriolet. Le grand-p&#232;re se rendait d&#233;sormais &#224; M&#226;con &#224; bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;picerie, minuscule annexe accol&#233;e au caf&#233; ne tarda pas &#224; supplanter ce dernier, au point qu'&#224; notre arriv&#233;e en 1947, il nous fallut entreprendre des d&#233;marches pour r&#233;cup&#233;rer la licence IV.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devenu veuf, L&#233;on Robert ferma la boulangerie pour se consacrer &#224; ses vignes. La grand-m&#232;re accueillit donc le boulanger de Leynes et son pain, trois fois par semaine, dans l'annexe lib&#233;r&#233;e de ses marchandises. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait cette &#233;picerie et l'exploitation des vignes que mes parents &#233;taient cens&#233;s reprendre. Pour rendre la proposition plus cr&#233;dible, l'&#233;picerie ne pouvant &#224; elle seule assurer la subsistance d'une famille, le grand p&#232;re avait aid&#233; au financement de la r&#233;ouverture d'une carri&#232;re &#224; Chasselas o&#249; mon p&#232;re devait &#234;tre engag&#233; comme taillandier. La carri&#232;re fut bien rouverte...mais &#224; Julli&#233; ! Le grand-p&#232;re fit le deuil de son apport financier et mon p&#232;re d&#233;sormais sans emploi fixe installa une forge o&#249; les jours de pluie il r&#233;parait les outils des vignerons. Travaux port&#233;s sur un grand livre dont le r&#232;glement n'intervenait qu'une fois l'an, &#224; la Saint Martin. Il fallait trouver d'autres sources de revenus !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes parents se dirig&#232;rent vers un d&#233;veloppement du commerce auquel apr&#232;s moult d&#233;marches ils adjoignirent successivement : la recette buraliste (tabac, journaux), la cabine t&#233;l&#233;phonique, le d&#233;p&#244;t de Butagaz, la r&#233;gie... Il en fallait des m&#233;tiers pour faire vivre une famille !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils r&#233;install&#232;rent le commerce dans ses locaux d'origine, la grande maison de la place que mon p&#232;re avait pass&#233; un hiver &#224; rafra&#238;chir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces lieux, la cuisine se trouvait coinc&#233;e entre l'&#233;picerie et le caf&#233;, si j'ajoute que les clients pr&#233;f&#233;raient employer pour t&#233;l&#233;phoner l'appareil install&#233; dans la cuisine plut&#244;t que celui de la cabine proprement dite, une sorte de grand meuble vitr&#233; &#224; l'aspect aust&#232;re log&#233; dans l'annexe du magasin parmi les cartons et les marchandises encombrantes telles que les sabots, les pierres de sel pour les vaches, etc... vous comprendrez que la vie de famille &#233;tait quasiment indissociable de l'activit&#233; du commerce. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle &#233;picerie, c'est ma s&#339;ur qui l'installa heureuse d'offrir cette surprise &#224; ma m&#232;re partie &#224; M&#226;con faire les courses hebdomadaires. En effet, depuis 1934, un service de car assurait chaque samedi un transport pour M&#226;con. L'arr&#234;t &#233;tait situ&#233; sur la D31, en Cornillaux. Les chasseloutis attendaient son passage, pr&#233;vu &#224; 7 heures, ou son retour vers 13 heures, &#224; l'abri d'une cadole (d&#233;molie depuis).&lt;br class='autobr' /&gt; Dans le jargon actuel on dirait que l'on travaillait en &#171; flux tendu &#187;, en dehors des livraisons r&#233;guli&#232;res il fallait parfois se r&#233;approvisionner pour des marchandises manquantes . On se fournissait aussi au march&#233; de M&#226;con de quelques fruits ou l&#233;gumes. Labrosse, grossiste en fruits et l&#233;gumes ne d&#233;taillait pas sa marchandise. Il y avait aussi les courses que lui confiaient les Chasseloutis ... &#171; comme vous allez &#224; M&#226;con, vous pourriez pas me prendre ma montre que j'ai port&#233; &#224; r&#233;parer ? &#187;, et ma m&#232;re payait la r&#233;paration qu'il lui arrivait de devoir ajouter au compte du client ! C'&#233;tait Fronton, &#233;picier &#224; Leynes et transporteur &#224; l'occasion qui se chargeait de r&#233;colter les courses qu'elle avait d&#233;pos&#233;es au caf&#233; Rognard rue de Lyon et qu'il livrait selon son humeur et ses rencontres le samedi apr&#232;s-midi ou le dimanche matin...&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pensez bien que les salades pouvaient avoir perdu de leur fra&#238;cheur !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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